Le VPH, une infection méconnue, mais pourtant répandue!


Chaque année, 1500 Canadiennes recevront un diagnostic de cancer du col de l’utérus et près de 380 en mourront. Au cours des 50 dernières années, le dépistage par le test PAP et la vaccination contre le VPH (virus papillome humain) ont permis de diminuer d’environ 75 % l’incidence du cancer du col de l’utérus, ainsi que la mortalité associée.

Dans le cadre de la Semaine de prévention du VPH, du 1er au 7 octobre 2017, ainsi que de la Semaine nationale de la prévention du cancer du col de l’utérus, du 16 au 20 octobre, le CSCP vous invite à en apprendre davantage sur le sujet et découvrir les services offerts :

 

Pour plus d'info :


Le VPH, une infection méconnue, mais pourtant répandue

Le virus du papillome humain (VPH) est une infection méconnue, mais pourtant répandue. Non seulement elle est l’infection transmise sexuellement (ITS) la plus  courante au monde (jusqu’à 3 Canadiens actifs sexuellement sur 4 contracteront le VPH!), mais elle entraine une multitude de conséquences, dont le cancer.


Qu'est-ce que le VPH?

Le virus du papillome humain (VPH) est une infection transmise sexuellement très contagieuse. Il se transmet par contact peau à peau lors de l’activité sexuelle (génitale, orale ou anale) avec un partenaire infecté même s’il n’y a pas de pénétration. Le virus infecte la surface de la peau et des organes génitaux, mais aussi la bouche et la gorge, le col de l’utérus et l’anus.

Il existe plus une centaine de types de VPH, mais 40 touchent la zone anogénitale (sur l’anus, les organes génitaux ou entre ces zones) autant chez l’homme que chez la femme. Certaines souches considérées à haut risque peuvent causer des anomalies au Pap test, des lésions du col de l’utérus et divers cancers. D’autres souches, considérées à faible risque, peuvent entraîner des verrues génitales (condylomes).

Comme il est fréquent que la personne infectée ne présente pas de signe ou de symptôme visible, il est possible de le transmettre sans même le savoir. Dans le cas des verrues génitales, elles apparaissent souvent 3 mois après le contact, mais pourraient prendre plusieurs mois aussi avant d’être visibles. Les anomalies du col surviennent dans la plupart des cas durant l’année suivant le contact initial, mais prendront des années à évoluer. Il faut cependant se souvenir que l’évolution varie grandement d’une personne à l’autre.

Dépistage

Il n’existe, à ce jour, aucun moyen de dépister une infection au VPH chez l’homme.

Chez la femme, il est possible de découvrir les cellules anormales au niveau du col de l’utérus à l’aide du Pap test. Il est donc important de faire ses tests régulièrement selon la recommandation de votre médecin, puisqu’il s’agit du seul moyen de les dépister précocement.

Traitement

Le VPH ne fait malheureusement pas partie des infections transmises sexuellement qui peuvent être traitées par des antibiotiques. Ce qui signifie qu’une fois infecté, il n’y a aucun traitement qui parvient à éliminer le virus. Dans certains cas, le corps finit par guérir du virus par lui-même sans traitement. Cependant, il est possible de traiter les symptômes associés au VPH.

Les verrues génitales peuvent être traitées par des médicaments, par la cryothérapie ou encore par la chirurgie. Plusieurs traitements sont parfois nécessaires puisque dans 25 % des cas, elles réapparaissent dans les 3 mois suivant le traitement.

Les cellules anormales ou lésions du col de l’utérus peuvent aussi être traitées dans la plupart des cas par la chirurgie, par le laser ou par la cryothérapie. Le VPH peut mener à développer un cancer et diverses autres mesures sont nécessaires à ce stade.

Prévention

Le VPH n’est pas une infection facile à prévenir puisqu’il est très contagieux et se transmet très facilement. Les quelques mesures qui suivent vous aideront à mieux vous protéger.

  • La réduction du nombre de partenaires sexuels : plus on a de partenaires, plus on a de risque d’entrer en contact avec le VPH
  • Le condom : le condom à lui seul est souvent insuffisant puisqu’il ne couvre pas toutes les zones pouvant être infectées par le VPH (cuisses, scrotum, etc.). Il reste toutefois un des meilleurs moyens de protection autant pour le VPH que les autres infections transmises sexuellement et par le sang.
  • La vaccination : la vaccination aide le corps à développer un système de défense contre le VPH avant le contact avec le virus.
    • Il existe actuellement 3 vaccins contre le VPH (Gardasil 9® contre 9 souches, Gardasil® contre 4 souches et Cervarix® contre 2 souches) et qui démontrent une efficacité à 99 % contre leurs souches respectives.
    • La vaccination est recommandée chez les femmes entre 9 et 45 ans et chez les hommes entre 9 et 26 ans. Il est toutefois possible d’obtenir la vaccination en dehors de ces groupes d’âge sur recommandation médicale.
    • La vaccination est recommandée même chez les personnes déjà actives sexuellement.

 

Vaccination sur le campus!

La vaccination contre le VPH est disponible pour la communauté universitaire de l’Université de Montréal et ses écoles affiliées (Polytechnique et HEC) sur rendez-vous avec une infirmière du CSCP (prescription médicale non requise dans les groupes d’âge ciblés).

  • Vaccins Gardasil 9® disponible sur place.
  • 3 doses sont requises sur une période d’approximativement 6 mois.
  • Des frais pour le vaccin et pour la consultation peuvent être applicables.
  • La plupart des régimes d’assurance-maladie privés remboursent en totalité ou en partie la vaccination contre le VPH, renseignez-vous auprès d’eux.

Impacts psychologiques

Les répercussions psychologiques des infections anogénitales au VPH 

Les réactions émotives suite à un diagnostic d’infection anogénitale au VPH

De façon générale, les réactions émotives communément observées suite à un diagnostic d’ITS sont nombreuses et le VPH ne fait pas exception ; certaines personnes vont éprouver de la colère, de la honte ou de la culpabilité alors que d’autres peuvent se sentir déprimées, anxieuses et/ou isolées. Les craintes d’être rejeté ou jugé négativement de même que la peur d’être stigmatisé ou la perte de confiance envers les autres peuvent affecter l’estime de soi. La peur de transmettre le virus, les craintes de développer un cancer ou d’avoir des problèmes de fertilité peuvent également faire partie des inquiétudes générées par un diagnostic d’infection anogénitale au VPH.

Stratégies pour s’aider à gérer le choc du diagnostic

  • Accueillir ses émotions et se donner du temps pour les vivre.
  • Faire preuve de bienveillance envers soi-même ; développer une attitude de compassion et mettre de côté les jugements critiques et les blâmes.
  • Partager ses émotions avec quelqu’un en qui on a confiance.
  • Poser des questions à son médecin et infirmière pour clarifier le type d’infection au VPH et connaître les évolutions possibles du virus. Ces informations permettront de mieux comprendre le choix de traitement médical proposé et apporteront une vision nuancée sur l’évolution propre au type d’infection diagnostiquée ; ce qui pourra permettre la confrontation des scénarios catastrophes souvent anticipés au moment du diagnostic.

 

Lorsqu’on doit informer son (ses) partenaire(s) sexuel(s) de son diagnostic
           
Le fait d’annoncer à son(ses) partenaire(s) sa condition médicale peut engendrer beaucoup de stress et de détresse psychologique. Si on est en couple, une détérioration de la relation émotionnelle et sexuelle peut survenir avec le partenaire. En effet, la tombée d’un diagnostic d’infection anogénitale au VPH au sein d’un couple peut ébranler la dynamique relationnelle et faire ressortir certains enjeux, notamment celui de la confiance en l’autre.

Stratégies pour s’aider à informer son(ses)partenaire(s)

  • Se rappeler que c’est poser un geste responsable et respectueux envers soi et les autres ; informer son(ses) partenaire(s), c’est contribuer à diminuer le risque de transmission de l’infection et permettre à l’autre de subir les tests de dépistage et de traitement (s’il y a lieu) et d’éviter les complications médicales.
  • Il est recommandé de ne pas blâmer son(ses) partenaire(s) et de formuler ses propos de façon simple et directe ; il faut garder en tête que la plupart des individus porteurs d’une infection au VPH ne le savent pas.
  • Lorsqu’on éprouve des difficultés à communiquer sa condition médicale à son(ses) partenaire(s), il est possible de faire appel aux professionnels de la santé pour obtenir du support. Il est aussi possible qu’ils prennent en charge la démarche d’aviser le(s) partenaire(s) lorsque demandé. Si vous pensez avoir besoin de cette aide, parlez-en à votre professionnel de la santé.

 

Vivre avec le diagnostic 

Impacts pour soi et pour la relation
Les questionnements sur les antécédents sexuels de chacun de même que les interrogations  possibles sur les conduites d’infidélité peuvent être source de remises en question et de conflits pour le couple.

Les symptômes physiques tels que les verrues anogénitales peuvent entraîner un sentiment de honte, de culpabilité et même un état de dépression. On peut vivre une diminution du désir et du plaisir sexuel. On peut aussi avoir peur du rejet sexuel. On peut également se retrouver à vivre une sexualité moins spontanée et à avoir des rapports sexuels moins fréquents avec son partenaire. L’estime de soi et l’image corporelle peuvent en être durement touchées.

Chez les femmes, les lésions précancéreuses au col de l’utérus peuvent aussi générer des inquiétudes quant au risque de développer éventuellement un cancer. Ces préoccupations peuvent également perturber leur vie sexuelle ; les activités sexuelles pouvant être dorénavant associées à la maladie et à une souffrance émotionnelle.

Dans un contexte de célibat

Lorsqu’on est célibataire, on peut craindre de rencontrer de nouveaux partenaires. La peur de transmettre le VPH, la peur d’être jugé ou la peur d’être à nouveau infecté peuvent faire obstacle à de nouvelles relations. Par conséquent, on peut se sentir seul, se dévaloriser ou entretenir des pensées défaitistes face à sa vie sexuelle et/ou son avenir amoureux.

Le traitement médical et les répercussions possibles des infections anogénitales au VPH sur la santé physique à long terme

Certains traitements peuvent occasionner des effets secondaires qui pourront faire vivre de l’inconfort et des inquiétudes. D’autre part, puisque certaines infections anogénitales au VPH peuvent avoir des conséquences graves, la personne diagnostiquée peut vivre des appréhensions face à l’évolution de son état de santé à long terme.

Stratégies pour s’aider à gérer les inquiétudes reliées au diagnostic du VPH

  • Parlez de vos inquiétudes et préoccupations à votre médecin, infirmière et aller chercher du support au besoin.
  • Renseignez-vous auprès des professionnels de la santé pour obtenir des informations plus détaillées sur  ce que sont les infections anogénitales au VPH, leurs modes de transmission ainsi que les différentes évolutions en fonction du type d’infection diagnostiquée.
  • Reconnaître que les infections anogénitales au VPH représentent un domaine médical complexe et que plusieurs questions demeurent sans réponse. Se rappeler toutefois que la recherche continue d’avancer. Il faut apprendre à vivre avec les zones d’incertitude.
  • Se rappeler les informations suivantes :
  • Les infections anogénitales au VPH sont fréquentes et bon nombre de personnes doivent apprendre à vivre avec ce diagnostic.
  • Il est difficile d’identifier le moment dans le temps où l’infection s’est produite de même que la source de cette infection, car une personne infectée peut être asymptomatique durant plusieurs années.
  • Le diagnostic d’infection anogénitale au VPH se retrouve autant chez les hommes que chez les femmes ; les deux sexes sont donc concernés.
  • La détresse psychologique provoquée par le diagnostic devrait diminuer avec le temps.

 

Consulter un psychologue lorsque la détresse émotive perturbe l’équilibre de vie

Le recours à une ressource spécialisée est recommandé lorsqu’on a besoin d’aide pour composer avec ses émotions difficiles et que l’on souhaite obtenir des stratégies qui pourront nous permettre de mieux gérer les impacts de sa condition médicale sur les différentes sphères de sa vie.


7 bonnes raisons pour se faire vacciner contre le VIP

1 _ Il s’agit d’une infection hautement contagieuse qui se transmet par le simple contact de la peau avec une zone infectée lors de l’activité sexuelle (avec ou sans pénétration).

2 _Ce virus est responsable des condylomes (verrues génitales) et de certains précancers et cancers, tant chez l’homme que chez la femme.

3 _Une infection au VPH est souvent sans symptômes; on peut donc le transmettre ou le contracter sans même le savoir.

4 _Une fois transmis, il n’y a aucun moyen ni traitement permettant d’éliminer le virus.

5 _Il est impossible de dire la durée de contagiosité après la disparition des symptômes (avec ou sans traitement).

6 _Dans bien des cas, le condom à lui seul ne suffit pas à se protéger contre le VPH.

7_Il s’agit du seul vaccin actuel pouvant prévenir des précancers et des cancers.




Nathalie Bordeleau, infirmière au CSCP

Documentation

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Ressources

À l'Université

Pour de l’information supplémentaire ou pour prendre rendez-vous avec une infirmière, un psychologue ou un médecin:

Centre de santé et de consultation psychologique

Pavillon 2101, boul. Édouard-Montpetit
Tél. : 514 343-6452
Pour en savoir plus : www.cscp.umontreal.ca

Ressources hors campus

Société des gynécologues et des obstétriciens du Canada :


Sites gouvernementaux :

  • www.itss.gouv.qc.ca
  • Santé Canada : VPH
  • Agence de santé publique du Canada : VPH
  • Ministère de la Santé et des Services sociaux : VPH

Vaccination:

Si vous désirez recevoir du soutien dans votre démarche :
  • Prenez rendez-vous en composant le 514 343-6452 pour rencontrer un membre de notre équipe (médecin, nutritionniste, psychologue) au Centre de santé et de consultation psychologique de l'Université.


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