Relation difficile : mon poids, mon alimentation



La boulimie et ses causes


La Boulimie Nerveuse

Boulimie. Les Troubles des conduites alimentaires se caractérisent principalement par une perturbation des comportements alimentaires et de la perception de l’image corporelle et par une influence excessive du poids et des formes corporelles sur l’estime de soi. La Boulimie est caractérisée par la survenue récurrente d’épisodes de boulimie (i.e. au minimum deux par semaine) suivis de comportements compensatoires purgatifs (vomissements, laxatifs, diurétiques, lavements) ou non-purgatifs (exercices, jeûnes). Une crise de boulimie se caractérise par l’absorption, en une période de temps limitée (i.e. en moins de deux heures), d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des gens absorberaient dans des circonstances similaires (i.e. habituellement entre 2,000 et 10,000 calories) et doit être accompagnée d’un sentiment de perte de contrôle (i.e. état de frénésie ou de dissociation ou baisse de la capacité de contrôle). Un diagnostic de trouble des conduites alimentaires non spécifié sera donné lorsque les symptômes présents ne répondent pas aux critères d’un trouble boulimique spécifique.

Conséquences pour la santé. Les complications médicales découlant de la récurrence de crises de boulimie et de comportements de compensation sont multiples. Ces comportements peuvent affecter le système digestif entier et causer des déséquilibres chimiques et des électrolytes. Ces débalancements résultent souvent de la déshydratation et de la perte de potassium et de sodium découlant des comportements purgatifs (vomissements), et, à leur tour, ils peuvent affecter le cœur et le fonctionnement d’autres organes importants. On note également des possibilités d’inflammation ou de ruptures intestinales et œsophagiennes, une détérioration de l’email dentaire, des ulcères, etc., découlant des vomissements répétés. Les personnes souffrant de boulimie devraient consulter un médecin pouvant assurer auprès d’elles un suivi régulier.


Les facteurs impliqués dans le développement et le maintien de la Boulimie

Comprendre ce qui contribue au développement des Troubles des conduites alimentaires n’est pas une tâche facile parce que beaucoup de facteurs peuvent être impliqués. On sait toutefois que les interactions de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux sont à blâmer.

Nous vous proposons une liste de facteurs qui ont été identifiés par les professionnelles de la santé comme pouvant contribuer au développement ou au maintien dans le temps des troubles alimentaires. Certains s’appliqueront peut-être à vous alors que d’autres non.

Les facteurs « predisposant »

On appelle « facteurs prédisposant » les événements, situations, états ou traits de personnalité qui peuvent vous rendre plus propice à développer un Trouble des conduites alimentaires. Voici les principaux :

• Femme
• Adolescence/jeune adulte
• Vulnérabilité biologique/génétique
• Menstruations précoces (pour la Boulimie)
• Société occidentale (idéalisation de la minceur et du contrôle de soi)
• Pression d’être mince dans un contexte sociale (ex. dans son groupe d’amis), occupationnel (ex. être mannequin, comédien ou athlète) ou récréationnel (ex. faire de la danse).
• Historique familiale de troubles des conduites alimentaire, de dépression, d’abus de substances/alcoolisme et/ou d’obésité
• Abus sexuel et traumatismes
• Difficultés familiales, sociales ou de couple
• Attitudes parentales négatives (peu de contacts, attentes élevées, disputes parentales)
• Commentaires critiques concernant le corps, l’alimentaire
• Faible estime de soi
• Problème identitaires
• Perfectionnisme (surtout pour l’Anorexie, mais aussi pour la Boulimie)
• Impulsivité (surtout pour la Boulimie)
• Anxiété (surtout pour l’Anorexie, mais aussi pour la Boulimie)
• Dépression (surtout pour la Boulimie, mais aussi pour l’Anorexie)
• Obésité
• Régimes alimentaires fréquents
• Etc.

 

Les facteurs « declencheurs »

On appelle « facteurs déclencheurs » les événements, situations, états, qui peuvent être responsable du développement d’un trouble alimentaire à un moment bien précis. Ce sont les facteurs qui expliquent pourquoi vous avez développé un trouble à ce moment précis de votre vie. Voici les principaux :

• Changements liés à une étape de vie
• Traumatismes
• Stresseurs psychosociaux (ex. perte)
• Stresseurs chroniques (ex. contexte de compétition)
• Régime alimentaire
• Commentaires critiques concernant le corps ou l’alimentaire
• Etc.

 

Les facteurs « de maintien »

On appelle « facteurs de maintien » les événements, situations, états ou traits de personnalité qui peuvent maintenir vos difficultés dans le temps. Ce sont les facteurs qui expliquent pourquoi vos difficultés ne se règlent pas. Les facteurs prédisposant et déclencheurs sont souvent impliqués dans le maintien de vos difficultés. Il y a toutefois des facteurs de maintien un peu plus spécifiques :

• Restriction alimentaire
• Facteurs cognitifs (e.g. peur de grossir)
• Facteurs comportementaux (e.g. restriction alimentaire, évitement d’aliments, compensation)
• Influence familiale
• Contexte social
• Traits et tendances psychologiques
• Renforcement par l’environnement
• Commentaires critiques concernant le corps, l’alimentaire
• Gains secondaires (e.g. services, support, attention, arrêt de l’école ou du travail)
• Etc.

Briser le cycle de la boulimie

Le cycle de la boulimie ?

Les facteurs qui sont impliqués dans le développement de crises de boulimie sont de différentes natures. Beaucoup de personnes peuvent toutefois s’identifier au modèle du « Cycle de la boulimie » qui explique bien comment cette difficulté peut se développer et se maintenir dans le temps.

Ce qu’on sait, c’est que le développement de crises de boulimie est souvent précédé d’une période de restriction alimentaire. Le fait de faire un régime alimentaire n’est pas un signe qu’une personne a un Trouble de conduites alimentaires. Cela peut découler d’un désir sain de perdre du poids pour atteindre un poids santé lorsqu’il y a un surplus de poids réel. Le désir de perdre du poids peut toutefois découler d’une surévaluation du poids et de la silhouette, alors que le poids est normal, et de la surévaluation de l’importance de leur contrôle. Peu importe les raisons, les régimes alimentaires sont parfois entrepris en négligeant l’importance de manger régulièrement, des aliments variés, et à sa faim. Cela amène à un état de restriction alimentaire. La difficulté avec cette restriction, c’est qu’elle a des effets négatifs importants :

- psychologiques (la pensée devient inflexible, difficultés à prendre des décisions, diminution de la concentration, perte d’intérêt, irritabilité, exacerbation des sentiments anxieux et dépressifs, etc.);

- physiques (diminution du métabolisme basal, fatigue, etc.);

- sociaux (isolement graduel, conflits, etc.).

La restriction alimentaire est également associée au développement de comportements et d’attitudes obsessionnels ce qui vient augmenter les préoccupations alimentaires. Les sentiments de faim et de privation conséquents à la restriction deviennent rapidement accompagnés d’une « urgence de manger » qui devient de plus en plus envahissante. Puis la personne craque et elle mange beaucoup, tout d’un coup, sans pouvoir s’arrêter. Cela est d’autant plus vrai si des émotions, des situations difficiles ou des traits de personnalité (ex. impulsivité, perfectionnisme) viennent la rendre vulnérable quant au besoin de manger. Suivant une crise, la culpabilité et l’angoisse d’avoir « trop mangé », la peur de grossir, de même que des malaises physiques et psychologiques liés au fait « d’être plein » apparaissent rapidement. Alors, elle « compense » pour se débarrasser de ce qu’elle a mangé. Cela amplifie néanmoins la restriction alimentaire et le cycle recommence.

Évidemment, la restriction alimentaire à elle seule n’explique pas tout du développement de la Boulimie, mais elle y joue un rôle très important. Il est également difficile pour une personne qui se restreint beaucoup d’être disponible mentalement pour travailler les autres aspects de sa vie ou de sa personnalité qui peuvent être souffrants ou problématiques. Le premier pas vers la guérison, c’est souvent de prendre le risque de manger un peu plus et d’affronter les peurs qui y sont associées. Différentes stratégies pour briser ce cycle vous sont proposées.

Comment briser le cycle de la boulimie?

Comprendre vos difficultés alimentaires

Bien comprendre vos difficultés peut vous aider à diminuer la culpabilité et la honte éprouvées et vous donner une bonne idée des facteurs qui les maintiennent et sur lesquels vous pouvez intervenir. Comprendre le lien entre la restriction et la Boulimie, les fonctions et les effets des comportements compensatoires que vous utilisez et les facteurs personnels qui vous ont amené à développer ce trouble est un bon commencement. Vous pouvez trouver ces informations dans différents livres de référence ou par le biais de différents professionnels de la santé physique ou mentale.

 

Réévaluez vos objectifs de perte de poids

Lorsqu’on a un trouble alimentaire, la perception de son corps, ou de certaines parties de celui-ci, est souvent biaisée; on le voit plus gros qu’il ne l’est en réalité. Les exigences face au poids à avoir sont souvent irréalistes. Viser un poids qui est sous votre normale et se restreindre pour y arriver met beaucoup de stress sur le corps. Ces efforts ne peuvent pas être maintenues dans le temps, sinon au coût de beaucoup de frustrations et de difficultés secondaires. Recadrez vos perceptions vis-à-vis votre corps et avoir des objectifs sains quant au poids visé est primordial.

Faites face à vos peurs de prendre du poids et de perdre le contrôle

Si vous êtes sous votre poids santé et que vous vous restreignez beaucoup, reprendre une alimentation normale vous amènera à prendre du poids. Le fait que votre métabolisme soit ralenti par la restriction peut parfois vous rendre vulnérable à une certaine prise de poids au départ. Par contre, vous ne prendrez pas ce poids tout d’un coup; il suffit de prendre une livre d’abord et de s’y adapter. Prendre du poids, ça ne veut pas dire non plus « devenir obèse ». Vous pourrez juger au fur et à mesure de vos sentiments et vous adapter en conséquence. La bonne nouvelle, c’est que le rétablissement d’une alimentation équilibrée vous permettra de rétablir votre métabolisme. De façon générale, avec une alimentation équilibrée et un mode de vie actif, le corps s’ajuste et retourne à un poids santé en quelques semaines/mois. L’urgence de manger sera également moins importante quand vous mangerez régulièrement et à satiété. Il faut aussi vous rappeler que plusieurs choses qui sont difficiles ou aversives actuellement sont le résultat direct d’être en restriction alimentaire. Lorsque vous mangerez de façon équilibrée, les peurs que vous avez maintenant seront fort probablement beaucoup moins importantes.

Établir un patron régulier d'alimentation

Il ne faut pas changer vos habitudes alimentaires tout d’un coup; cela serait trop anxiogène et pourrait vous amener à abandonner rapidement. Il est recommandé de réintégrer graduellement des aliments en quantité et en nature (ex. augmenter une portion, ajouter un aliment « interdit »). Le but est de manger régulièrement, des aliments variés et à sa faim. Lorsqu’on se restreint depuis longtemps ou qu’on a fait beaucoup de régimes alimentaires, on ne sent plus la faim ni la satiété de façon adéquate et il faut manger un peu mécaniquement au départ. Ces sensations reviennent tranquillement lorsque l’alimentation est régularisée. Vous pourrez alors être plus à l’écoute de ces signaux et les respecter. On recommande souvent de manger « trois repas et trois collations par jour », bien qu’il n’y ait pas une règle absolue applicable à tous. Mangez régulièrement pour ne pas être en restriction. Prendre le temps de réviser vos fausses croyances quant à l’alimentation et aux aliments facilitera tout ce processus de rétablissement. En outre, il sera important de réaliser qu’il n’y a pas d’aliments « bons ou mauvais » et que les glucides et les gras ne sont pas en soit engraissants. Allez-y, mangez des pâtes!

Diminuez les comportements compensatoires

Mettre fin au Cycle de la Boulimie ça implique évidemment de diminuer graduellement les comportements de compensation. Les vomissements et l’utilisation de laxatifs et de diurétiques, en plus d’avoir des impacts négatifs sur la santé, sont relativement inefficaces. Seule la moitié de ce que vous mangez est réellement vomie, les laxatifs ont très peu d’effet sur l’absorption de la nourriture et les diurétiques n’en ont aucun. L’entraînement excessif ou compulsif est également inefficace à une intensité très élevée. Ces comportements maintiennent les crises de boulimie en soulageant l’anxiété à court terme, mais ils perpétuent le cycle.

Gérer l’urgence de manger

Lorsque l’urgence de manger se fait sentir, on peut se rappeler que les crises sont presque toujours déclenchées par : la restriction alimentaire, le bris d’une règle alimentaire (ex. : vous mangez du dessert alors que cela est interdit et tant qu’à avoir brisé la règle, vous mangez tout le gâteau), un événement extérieur adverse ou un changement dans l’humeur (souvent dépressif) ou par la désinhibition par consommation d’alcool ou de drogues. Lorsque vous sentez la crise arriver, prenez le temps d’identifier lequel de ces facteurs est en cause. Le meilleur moyen d’empêcher une crise est toujours de décider de manger une collation ou un repas satisfaisant. Identifier et recadrer vos pensées et élaborer des solutions aux problèmes qui vous tracassent peut vous aider. Remplacer la crise par un autre comportement plus adapté est aussi souhaitable : sortir de la maison, s’entourer, se divertir, se détendre.

Se créer une vie en dehors du trouble

Lorsqu’on a un trouble alimentaire depuis un moment, celui-ci a souvent pris toute la place et il peut être épeurant de le « perdre ». On est alors résistant au changement. Reprenez graduellement vos activités et reconstruisez votre réseau social. Cela vous permettra de tranquillement reconstruire votre vie, votre identité et votre estime de soi.


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